
La Gardienne du Seuil Vivant
- 20 janv.
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Il y eut un temps
où je croyais que pour rester ouverte
je devais rester exposée.
J’ai confondu la sensibilité
avec l’absence de frontière.
Alors j’ai serré les dents,
j’ai contenu le feu,
j’ai fait taire le corps
pour que l’âme puisse continuer.
Puis un jour,
quelque chose a cessé de vouloir tenir.
Ce n’était pas une chute.
C’était un arrêt.
J’ai compris alors
que le vivant ne demandait pas à être porté,
mais protégé.
J’ai cessé d’être la porte ouverte.
Je suis devenue le seuil.
Devant moi,
j’ai placé une Gardienne.
Elle ne combat pas.
Elle ne juge pas.
Elle regarde.
Et ce qui n’est pas juste
ne passe plus.
Derrière moi,
le vivant peut respirer.
Il n’a plus besoin de crier,
ni de se cacher.
Je ne suis plus dure.
Je suis tenue.
Et dans cette tenue,

je redeviens libre.


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