Manifeste de la Gardienne du Seuil Vivant
- 20 janv.
- 2 min de lecture
Je ne suis pas née pour être ouverte à tout.
Je suis née pour discerner.
J’ai longtemps cru que l’amour exigeait l’exposition,
que la vérité demandait la transparence,
que la sensibilité devait se livrer pour être reconnue.
J’ai confondu l’ouverture avec l’absence de limite.
J’ai confondu la lumière avec le don de soi.
Alors j’ai tenu.
J’ai serré.
J’ai contrôlé.
Non par dureté,
mais par instinct de survie.
Aujourd’hui, je change de place.
Je ne suis plus celle qui endure pour rester vivante.
Je suis celle qui protège le vivant pour qu’il respire.
Je n’érige pas des murs.
Je tiens un seuil.
Tout n’a pas accès à mon corps.
Tout n’a pas accès à mon temps.
Tout n’a pas accès à mon silence.
Tout n’a pas accès à mon feu.
Non par peur,
mais par respect du vivant.
Je nomme la Gardienne.
Elle ne combat pas.
Elle n’explique pas.
Elle ne justifie rien.
Elle regarde.
Elle sent.
Elle laisse passer ce qui est juste
et reste immobile devant ce qui ne l’est pas.
Grâce à elle,
le sensible n’a plus besoin de crier,
le corps n’a plus besoin de se crisper,
l’âme n’a plus besoin de se retirer.
Je ne suis plus exposée pour être aimée.
Je suis protégée pour être vraie.
Ma présence suffit.
Mon rythme est loi.
Mon silence est plein.
Je marche désormais depuis l’intérieur tenu.
Je parle depuis un espace habité.
Je transmets sans me perdre.
Je ne cherche plus à être comprise.
Je choisis d’être alignée.
Je ne suis pas dure.
Je suis juste.
Je ne suis pas fermée.
Je suis gardée.
Et là où je me tiens,
le vivant peut enfin s’installer.

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